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« J’améliore le Pin maritime pour qu’il pousse toujours plus droit et plus vite », portrait d'une ingénieure

Annie Raffin est Ingénieure de recherche à l’unité mixte de recherche Biodiversité, Gènes et Communautés (UMR BIOGECO)

PORTRAIT  Annie Raffin - UMR BIOGECO © Alain Girard - Inra
Mis à jour le 19/02/2015
Publié le 12/12/2014
Mots-clés : INGENIEUR - METIER - JOB

Comment devient-on ingénieure à l’Inra ?

En réalité, il existe deux types de métiers d’ingénieur à l’Inra. Pour devenir ingénieur d’étude, il faut au minimum être titulaire d’une Licence, d’un Master, d’un diplôme d’ingénieur ou bénéficier d’une qualification professionnelle équivalente. Les ingénieurs de recherche sont eux titulaires d’un diplôme de grande école ou d’un doctorat (bac+8), mais peuvent également accéder à ces postes par le biais d’une qualification professionnelle. Je suis ingénieure de recherche. À la base, je suis ingénieure agronome issu d’une grande école, l’ENSA de Rennes, avec une spécialité en amélioration des plantes. Par la suite, j’ai effectué un doctorat en agronomie ce qui m’a permis d’entrer à l’Inra sur un poste qui correspondait à ma qualification, mais aussi à mes centres d’intérêt scientifiques. Ce qui me motive dans mon métier d’ingénieur c’est d’être à la fois relativement autonome dans mon programme de recherche, de pouvoir travailler sur des recherches appliquées ainsi que le contact régulier avec les professionnels de la filière.

Comment travaillez-vous avec les autres acteurs de la recherche ?

Dans le métier d’ingénieur de recherche, nous sommes souvent à l’interface entre chercheurs et équipes techniques. Nos missions consistent à mettre en œuvre des programmes de recherches imaginés par des chercheurs avec lesquels nous travaillons au quotidien. Et pour cela nous mobilisons différentes ressources expérimentales avec l’aide des équipes de techniciens. Nous imaginons les protocoles, nous suivons les installations techniques, nous innovons en matière de méthodologie. Dans nos activités nous sommes donc constamment dans un aller-retour d’une part avec les chercheurs et d’autre part avec les techniciens.

Sur quoi travaillez-vous ? Et comment travaillez-vous au quotidien ?

Ma mission à l’Inra est de gérer le programme d’amélioration du Pin maritime. Cela consiste à créer des variétés améliorées de cette espèce qui est cultivée sur 800 000 hectares dans le Massif des Landes de Gascogne.
Ce programme de recherche, relativement ancien, a été lancé par l’Inra dans les années 1960. Au départ, il a fallu choisir des individus (arbres) remarquables dans les forêts de l’époque. Des greffons ont été prélevés, apportés sur notre site de Pierroton et greffés sur place. Ensuite, lorsque ces greffes sont devenues florifères, nous avons croisé ces très bons individus entre eux et observé chez les descendants les caractères que nous cherchons à améliorer pour enfin sélectionner les meilleurs individus. En conduisant ces opérations sur plusieurs générations, nous accumulons les gènes favorables et progressons en gain génétique pour créer les variétés. Une variété améliorée de Pin maritime c’est en réalité quelques dizaines de « très bons » parents regroupés dans une parcelle, soit sous forme de descendants semés soit sous forme de greffe et qui se reproduisent et génèrent les graines améliorées.
Les caractères que l’on cherche à améliorer, c’est d’abord la productivité en bois, la croissance en volume, car c’est l’objectif principal de cette forêt cultivée. Ensuite, nous travaillons à améliorer la qualité en termes de forme de l’arbre, sa qualité intrinsèque, mais nous veillons également à leur bonne santé.
Mon rôle est de faire les choix stratégiques pour le long terme, mais également en termes de création variétale. Concrètement, je décide chaque année des parents que nous allons croiser entre eux, quelles sont les familles que nous semons en pépinière et quels sont les dispositifs à installer, ainsi que les mesures à réaliser. Ensuite, j’analyse les données collectées par les techniciens de notre équipe expérimentale qui assure les greffages, les croisements contrôlés, l’élevage en pépinière et les mesures en dispositif. Suite à ces analyses de données, nous sélectionnons à nouveau les meilleurs parmi les descendants et nous repartons ainsi sur une nouvelle génération. C’est un processus en continu, chaque année nous réalisons des croisements, des mesures et des sélections.

Article du Centre Bordeaux Aquitaine

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